Confidences de Vincent Deniard sur le film “Reprise en main” qui arrive le 19 octobre au cinéma

Vincent Deniard était notre coup de cœur du festival de la Fiction de La Rochelle 2021 ! Il nous avait parlé du film « Reprise en main » qui débarque au cinéma ce mercredi 19 octobre. À quelques jours de la sortie du film nous avons pu échanger avec lui sur son rôle et ses souvenirs du tournage.

 

Bonjour Vincent, c’est un plaisir de parler avec toi du film « Reprise en main » le premier long métrage de fiction de Gilles Perret.

Bonjour Vanessa, oui c’est une jolie comédie sociale, un peu à la Ken Loach : les pieds Nickelés qui partent à l’aventure (rires collégiaux). Il y a des scènes assez marrantes et, mine de rien, on comprend les mécanismes de la finance, c’est très intéressant. Gilles Perret parle d’un sujet qu’il connaît bien. C’est un film ancré dans la réalité.

Effectivement en sortant du film, on sait tous à quoi correspond L.B.O.

C’est fou, je ne savais pas non plus ce que c’était et j’ai découvert cela pendant le tournage.

Est-ce que c’est ce sujet qui t’a fait accepter le projet ?

C’est le sujet mais aussi le scénario. Et ma rencontre avec Gilles Perret ainsi que sa compagne Marion Richoux co-scénariste et directrice artistique de « Reprise en main ». J’ai vraiment accroché avec eux humainement. C’est vraiment une aventure humaine ce film. « Reprise en main » parle d’amitié, d’une bande de copains. C’était important aussi que le courant passe bien humainement. Ce qui a été le cas tout de suite. J’ai beaucoup aimé travailler avec Pierre Deladonchamps, Grégory Montel et aussi Yannick Choirat. On était une chouette bande avec Laëtitia Dosch et Marie Denarnaud. C’était vraiment super.

Tu as un style très glamour à un moment dans le film.

N’est-ce pas (rires collégiaux) ! Tu as vu, j’ai un beau short et des sandales en plus (rires collégiaux). Le top du glamour (rires).

C’était ton idée, ou était-ce déjà dans le scénario ?

C’est une bonne question… Je crois que ni l’un ni l’autre. C’est une idée qui est venue le jour même. On a blagué dessus avec Gilles et on l’a mis en scène. Il y a des choses sur le tournage qui se sont faites un peu en liberté. C’est le plaisir d’improviser et d’inventer des choses sur le moment qui donne le côté très vivant et très joyeux du film.

On sent aussi des rires qui se retiennent à des moments.

Ah bon (rires collégiaux) ? Non, c’est vrai, absolument. Tant mieux si ça passe, parce qu’on a vraiment fait le film dans l’harmonie, la bonne humeur. On était toute cette bande en Haute Savoie. On a vraiment tourné dans les lieux où se passe l’action du film. Mais aussi dans les lieux de vie de Gilles et Marion. Ils connaissent tout ceci par cœur. Gilles connaît sur le bout des doigts le milieu du décolletage dont on parle dans le film. C’est aussi quelqu’un qui est engagé politiquement donc il y a aussi une dimension militante dans ce long métrage. Ce n’est pas péjoratif, c’est simplement qu’au travers de l’humanité, de la joie du film, des personnages et des aventures que ça raconte, il y a un propos politique. L’industrie, le travail ce sont des jolis mots et la finance a pris trop de part là-dedans. Nos trois amis se battent pour mettre un peu de morale et d’humanité là-dedans.

Surtout, sauver les emplois car il y en a, comme le personnage de Bruno joué par Yannick Choirat, qui est jeté de l’entreprise sous un faux prétexte car sa façon d’agir ne plaît pas.

C’est un super personnage celui de Bruno. Cela prouve que des personnes près de la direction peuvent être humain et en subir les conséquences en se faisant jeter car il pense plus au bien-être des employés qu’à la rentabilité de l’entreprise. Et nous, on arrive en se disant : « Si on montait notre fond d’investissement ». Cette idée au départ qui parait complètement absurde prend forme. Le spectateur suit avec plaisir nos aventures et en même temps, on apprend tous des choses sur les mécanismes de la finance et comment cela se passe dans l’industrie moderne.

C’est vrai.

Ce qui est bien dans « Reprise en main » c’est qu’il donne de l’espoir. C’était très important pour Gilles Perret de ne pas faire un film social qui comme beaucoup soit un peu misérabilisme et se termine mal. Là, on va vers quelque chose de positif, de joyeux qui donne la niak et de l’espoir aux gens. Les gens à la sortie du film ont la banane, ils sont hyper contents et c’est vraiment cool.

Au début Denis, ton personnage, n’est pas trop en phase avec l’idée de Cédric (Pierre Deladonchamps). Il a un peu peur pour son entreprise.

Oui, c’est normal parce que Denis, le personnage que je joue, est un chef d’une petite entreprise avec son atelier de décolletage juste à côté de sa maison. D’ailleurs, j’ai rencontré le vrai Denis c’est un ami de Gilles Perret. Il est très sympa. On a tourné dans son atelier. Il a, je crois, deux ou trois employés ouvriers décolleteurs qui travaillent avec lui. C’est une entreprise à la fois performante qui fait un travail très fin et très reconnu. Il travaille pour l’aérospatiale. On voit aussi dans le film des objets aidant à la transplantation des cœurs artificiels pour la médecine. C’est très pointu mais ça reste une entreprise à taille humaine avec peu d’employés. Donc en effet, mon personnage est un peu réticent : il ne veut pas risquer de perdre son entreprise et son travail ou de mettre ses employés au chômage. Il tient à la pérennité de son entreprise. Il met un petit moment avant d’être convaincu par les arguments de Cédric et Alain. Il se laisse convaincre par amitié, vu que c’est un film d’amitié.

Petit à petit, Julie (Laëtitia Dosch) rejoint le trio. Même si, au début, elle reste proche de la direction, elle retourne sa veste quand elle s’aperçoit qu’on s’est servie de ses compétences et qu’elle doit quitter sa région pour partir très loin.

Comme elle le dit dans le film, elle a voulu arrêter de se trahir elle-même et rejoint notre cause qui n’est pas gagnée d’avance car tout reste à faire ! C’est une fille qui vient du même lycée que nous. On découvre d’ailleurs une histoire de cœur là-dessous. C’est assez marrant en tout cas. Effectivement au début, on sent qu’elle a choisi le côté de la finance, qu’elle est entrain de vendre son âme au diable et puis finalement elle a autre chose qui la rattrape. Elle va prendre conscience qu’elle est liée à cet endroit. Elle va décider de rejoindre le mouvement et va énormément aider à ce que l’affaire se fasse.

Vincent, tu déchires souvent les chemises (rires collégiaux) ?

C’était très rigolo à faire (rires collégiaux). En plus sur le tournage on a eu du mal à y arriver parce que c’était un peu compliqué avec les costumes. Je suis un gentil garçon dont je n’y allais pas très fort. Je ne voulais pas blesser mon camarade de jeu (rires). Mais, c’était marrant et ça fait partie des moments drôles du film. Cette histoire de chemise est vraiment drôle. Il y a aussi celle de la fondue…

J’allais y venir ! Ce moment de complicité autour de la fondue avec le papa (Rufus) de Cédric, Michel qui les accueillent.

Le papa, qui est joué par Rufus, est formidable dans le film. C’est un film plutôt choral, car chaque personnage est très important, il n’y a aucun rôle qui est laissé au hasard. Michel c’est la vieille école, le syndicalisme. Il ne travaille plus dans l’entreprise. Au début, il a une relation compliquée avec son fils. Il lui dit : « Pourquoi vous avez arrêté les syndicats ? Pourquoi tu n’es pas là-dedans » ? Et le fils qui répond : « Oh ça va papa, arrêtes de m’embêter avec ces vieilles rengaines. Cela ne sert plus à rien » ! Et finalement Cédric va comprendre que son père avait raison. Toute cette histoire va aussi servir à les rapprocher. Il y a une belle histoire de transmission là-dedans. Il y a beaucoup de thèmes qui sont mêlés dans « Reprise en main ».

On peut parler d’une autre transmission entre un père et ses enfants.

Oui, c’est une scène très belle dont on nous parle beaucoup : celle dans l’usine entre Cédric et ses enfants. Cédric emmène son fils et sa fille visiter l’usine un soir. Il leur montre toute la beauté du travail, celles des machines. On pourrait croire que des machines ça fait peur ou que ce n’est pas noble. Mais là, c’est très joli, on dirait un peu une scène de fête foraine et les lumières sont très belles. C’est la transmission de père en fils et de père en fille.

Elle est belle parce qu’il leur montre sa passion et les raisons de son combat pour l’entreprise.

Complètement, je suis entièrement d’accord.

J’ai l’impression que tu as pris beaucoup de plaisir sur ce film.

Énormément, quand tu vis une aussi belle aventure humaine… Et puis sur les tournages, c’est un peu comme une colonie de vacances (rires collégiaux). On passe 3 semaines à 1 mois et demi avec les 30 ou 40 même personnes. C’est formidable, on partage beaucoup de choses. Gilles Perret nous a fait visiter des jolis coins de sa région qu’il aime beaucoup. On est parti un petit peu en excursion en montagne avec Gilles et Marion qui sont des grands amateurs de montagne.

Et si on abordait maintenant une certaine participation à la série « Les Visitors » dont on a vu dernièrement la première saison sur Warner TV ?

Oui, « Les Visitors » réalisée et écrite par Simon Astier. J’ai eu beaucoup de plaisir à participer à ce projet. Je suis assez content du résultat. Au niveau de l’écriture c’était déjà très chouette, et avec la post-production, ils ont fait quelque chose d’assez incroyable avec les effets spéciaux. C’est une série que j’aime beaucoup car elle mélange plusieurs genres. C’était très gonflé de faire ça de la part de Simon Astier parce qu’il y a de la comédie, de la science-fiction, un côté un peu thriller.

Tu interprètes Ty, un mec pas très cool

Oui, je joue le rôle de Ty qui n’est pas très agréable. Il fait plutôt partie des méchants. Mais, c’est un personnage assez complexe et on comprend qu’il a des blessures de jeunesse. Justement dans la série, on fait des allers-retours avec pas mal de flashbacks qui nourrissent l’action. Je croise les doigts pour qu’il y ait une saison 2. Je pense que c’est bien parti, vu qu’elle a été diffusé sur Warner TV et aux Etats-Unis sur HBO Max. C’est super !

Vivement la saison 2 alors. Et puis, il y a une série qui arrive prochainement sur Arte où tu as un costume de chien.

Oh oui, ça c’est un autre genre de série (rires collégiaux). C’est « Canis Familiaris » de Joris Goulenok. C’est un super projet ! Au départ on m’a dit : « Tu vas jouer un chien ». Je me suis dit : « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire » ? Mais bon comme j’adore les projets un peu barrés, fous… Et quand j’ai lu les scénarios des différents épisodes, j’ai adoré. Tout simplement parce que c’est une écriture très fine, c’est une comédie un peu à l’anglaise avec une part d’absurdité.

Ah oui, c’est complètement fou on peut le dire.

Oui, effectivement car on joue une meute de chiens. J’interprète le rôle d’un Terre-Neuve. On trouve des supers acteurs dans la meute comme Tom Dingler, Bruno Sanches, Guilaine Londez, Alexandre Steiger et Alice Moitié.

Tu as donc retrouvé Alexandre Steiger de « Clèves » qui a été diffusé sur Arte en juin.

Oui effectivement, mais Alexandre, je le connais depuis longtemps. On a fait les cours Florent ensemble. C’est un bon copain et ont était très content de se retrouver. On a pu faire des photos avec nos costumes de chiens (rires collégiaux).

Une série qui a l’air très drôle, les vidéos ont été vu à la rentrée d’Arte et au festival fiction TV de La Rochelle cette année.

Totalement, j’ai vu quelques images et je pense qu’à l’avenir, on va beaucoup entendre parler de « Canis Familiaris ».

Tu peux nous mettre l’eau à la bouche ?

Le chef de meute, qui est joué par Tom Dingler, est un labrador. La meute vit autour d’un golf et elle a ses petites habitudes. Et puis un jour, Tom tombe sur un documentaire où il voit des loups et voit cette liberté, cette vie sauvage qu’il ne connaît pas. Il se met à en rêver et à l’idéaliser. Peu à peu il va se désintéresser de sa meute et il va y avoir des histoires de lutte de pouvoir. Qui va devenir chef à la place de Tom ? Qui va séduire la jeune dalmatienne jouée par Alice Moitié ? Ce sont des histoires de chiens mais, comme La Fontaine, on parle des animaux pour parler des hommes et c’est très intéressant.

Retour au cinéma dans un film où tu joueras le rôle d’un méchant, si mes souvenirs sont exacts.

Exactement, tu as une bonne mémoire. C’est pour le film de Jeff Panacloc pour une sortie en 2023, mais d’ici là j’espère qu’on aura l’occasion de se reparler.

Oui, carrément. Des projets, je crois, au théâtre ?

En effet, retour au théâtre dans « Le porteur d’histoire » qu’on reprend une nouvelle fois. C’est un super spectacle qui se joue tous les soirs à 19H au Théâtre des Béliers à Paris dans le 18ème arrondissement (d’aujourd’hui au 8 janvier 2023. Réservez vos places ici). Le spectacle a reçu deux Molières en 2014 et a la chance de se jouer encore avec de super comédiennes et comédiens.

Pour revenir à « Reprise en main » que pourrais-tu dire aux gens pour qu’il vienne le découvrir au cinéma à partir du mercredi 19 octobre ?

« Reprise en main » c’est un good movie, un film feel good. Non seulement il nous apprend des choses, mais il nous donne la patate, le sourire après la séance. On passe un très bon moment. En plus ça donne envie de lutter, de se battre. C’est film divertissant, très utile par les temps qui courent. Je suis très heureux d’être dans cette aventure et il faut être nombreux à aller soutenir « Reprise en main » dès sa sortie le 19 octobre !

SYNOPSIS

Comme son père avant lui, Cédric travaille dans une entreprise de mécanique de précision en Haute-Savoie. L’usine doit être de nouveau cédée à un fond d’investissements. Épuises d’avoir à dépendre de spéculateurs cyniques, Cédric et ses amis d’enfance tentent l’impossible : racheter l’usine en se faisant passer pour des financiers !

A TOULOUSE : TOUS A L’AMERICAN COSMOGRAPH

Après avoir reçu l’avant-première du film « Reprise en main » début octobre, le cinéma l’American Cosmograph programme le long métrage dès sa sortie le 19 octobre. Vous pouvez découvrir les horaires ici. N’hésitez pas à consulter le site officiel du cinéma qui regorge de très beaux films à l’affiche et à venir prochainement.

Photos montage : Vincent Deniard – ©Aurélien Faidy

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