Les sorties ciné du 12 décembre 2012.

cinema-bobineAu lieu de regarder la Télé Gaucho, c’est votre Jour de Chance de vivre une expérience nouvelle en accompagnant un hobbit pour un voyage inattendu…
Demain, c’est jour de sorties ciné, voici une sélection de ce qui vous attend !

On commence tout doucement ce compte-rendu des sorties de la semaine avec Télé Gaucho de Michel Leclerc.

Télé GauchoUn film sur la vie d’une télé locale et indépendante dans les années 90 en France gérée par Jean Lou, Yasmina, Clara et Adonis, des anarchistes et provocateurs de la première heure, prêts à faire la révolution. Le réalisateur s’est inspiré de sa propre expérience avec la télé associative parisienne Télé Bocal et semble vouloir questionner les idéaux animant ses anars vidéastes (et donc les siens) par le biais de la comédie. Comme il avait tenté de le faire avec son précédent film Le Nom des gens. Pourquoi pas mais de arguments de taille plaident en défaveur d’un déplacement pour visionnage : Maïwenn et Sara Forestier, sans doute ce qui se fait de pire en matière d’actrices.

Vous êtes prévenus…

Beaucoup plus intéressant sera Un Jour de Chance d’Alex De La Iglesia (l’espagnol azimuté responsable des superbes et barrés Action Mutante, 800 Balles, Mes Chers Voisins, Le Crime Farpait, Le Jour de la Bête, Balada Triste De Trompetta…).

Un Jour de ChanceAncien publicitaire à succès, Roberto ne supporte plus d’être au chômage. Désespéré, il retourne avec sa femme dans l’hôtel qui fut le théâtre de leur lune de miel. Mais l’établissement a laissé place à un musée sur le point d’être inauguré. Au cours de sa visite, il fait une grave chute et se retrouve avec une barre de fer plantée dans la tête. Devenu l’attraction numéro 1 pour les médias présents, Roberto comprend que cet accident pourrait finalement lui être très profitable…

Avec ce film De La Iglesia livre rien moins que sa version du remarquable Le Gouffre aux Chimèresde Billy Wilder qui traitait, entre autres, de la spectacularisation à outrance d’un drame (un reporter ambitieux échoué dans une petite rédaction de province couvre l’accident d’un homme coincé dans une galerie pour en faire un tremplin vers la notoriété et son retour triomphal sur le edvant de la scène). Vous pouvez être assuré d’un traitement iconoclaste de la part de l’ibérique réalisateur, tout en humour noir, pince sans rire ou burlesque agrémenté d’une galerie de personnages parfois déviants mais ô combien attachants (et pour lesquels, depuis ses débuts, il a une énorme affection). Mais hâtez-vous car distribué dans un nombre réduit de salles, il ne devrait, malheureusement pas faire long feu.

Toujours à l’affiche et à ne pas manquer trois films magnifiques.

The Impossible de Juan Antonio Bayona, relatant l’histoire vécue par une famille démembrée par le tsunami ayant dévasté la Thaïlande en 2004 (nous y reviendrons plus en détails bientôt), un mélodrame parfaitement interprété (Naomi Watts et Ewan McGregor ne sont pas des manches) et surtout mis en scène. Un film bouleversant dont il est impossible de ne pas ressentir la puissance émotionnelle vous vrillant les tripes et mouiller les joues.

Anna Karénine de Joe Wright (sortie le 5 décembre).

Anna KarenineEnième adaptation du classique de la littérature de Léon Tolstoï qui est une merveille de mise en scène formant un renversant ballet de mise en abyme, d’ellipses et de chorégraphies des sentiments.En russie en 1874, la belle Anna Karénine (stupéfiante Keira Knightley) tombe amoureuse de l’officier Vronsky (impeccable Aaron Johnson) au grand dam de son mari et surtout des conventions de la haute société dans laquelle elle navigue.

Enfin, le film d’animation Les Cinq Légendes de Peter Ramsey (auteur d’un superbe court-métrage The Fantastic Flying Books of Mr Lessmore) contant la lutte du Père Noël, de la Fée des dents, du Marchand de Sable, du Lapin de Pâques et de Jack Frost contre Pitch Black, entité maléfique désirant draper le monde d’un voile sombre où les enfants ne croiraient plus en ces symboles féconds d’imaginaire. Hyper dynamique, drôle, brossant avec minutie et économie de mots des personnages immédiatement attachants, le film propose enfin des (super)héros coopérant au plus fort des combats, renvoyant les Avengers et The Dark Knight Rises dans les limbes. Et suprême exploit, Dreamworks dame le pion à Pixar sur son terrain de jeu (Rebelle est très bon mais ces Cinq Légendes bien supérieurs).

Mais évidemment, le gros morceau de cette semaine et de cette fin d’année est la sortie de The Hobbit : un voyage inattendu de Peter Jackson qui nous replonge dans la magie de la Terre du Milieu que nous avions quitté à contre-coeur après le très émouvant final du Retour du Roi il y a neuf ans déjà.

Le Hobbit : un voyage inattenduCette fois, lui et ses scénaristes Fran Walsh, Philippa Boyens (les fidèles, la première depuis le second film de Jackson, Les Feebles, Boyens depuis La Communauté de l’Anneau) agrémenté cette fois de la vision de Guillermo Del Toro (qui devait au départ réaliser ce premier volet) se sont attaqué au roman Bilbo, le hobbit de J.R..R Tolkien, sorte de prélude à la quête de Frodon pour détruire l’Anneau de pouvoir. Un récit qui s’avère de prime abord plus léger (les compagnons de route de Bilbo sont principalement des nains gouailleurs et bon vivants) mais dont les péripéties et les épreuves transformeront profondément cet innocent hobbit. Ce sera du très très grand spectacle (il suffit de se reporter à la bande-annonce pour en être convaincu) avec un vrai propos derrière, après tout, il s’agit pour Bilbo, puis Frodon plus tard, de réaliser son potentiel en s’extirpant de son cul-de-sac (le nom de la contrée des hobbits). En tous cas, ce sera à mille lieues de la pitoyable photocopie intentée par le Merlin de Gérard Jugnot repompant sans vergogne le look de Gandalf le Gris.

Et inattendu, le film le sera tout autant que le titre ne serait-ce que pour le format originel adopté par le réalisateur qui a décidé de tourner cette nouvelle trilogie (oui, il y en aura deux autres : enjoy !) en HFR pour High Frame Rate : soit du 48 images par seconde, le format tel que le film a été voulu et pensé par Peter Jackson. Il ne s’agit pas de résolution mais de fréquence de l’image qui avec une telle augmentation va entraîner la disparition de l’effet stroboscopique et du flou cinétique (ou motion blur) associés au standard du 24 images par seconde qui a jusqu’ici (et depuis 80 ans) présidé. Soit ce qui fait que notre cerveau reconnaît qu’une image de cinéma est une image de cinéma.

C’est donc une modification importante de l’ADN (si je puis dire) de l’image de cinéma telle que nous la connaissons aujourd’hui à laquelle s’attele Peter Jackson, motivé par ce visionnaire de James Cameron qui lui-même envisage pour ses suites à Avatar de tourner en 60 images par seconde.

Cameron, qui lors d’une convention américaine a parfaitement défini ce nouveau procédé : “si regarder un film en 3D est comme regarder à travers une fenêtre, ce procédé revient alors à retirer la vitre de la fenêtre et faire face à la réalité.” Ceci pour souligner la netteté et la fluidité obtenue avec une telle fréquence. De plus, cette fréquence de 48 images par seconde offre un meilleur confort pour la 3D. Et si le film sera diffusé en format habituel (24 images/s) et HFR, ce dernier le sera exclusivement en 3D. Et non, ce n’est pas une énième entourloupe marketing pour inciter les spectateurs à payer plus cher la place, ces avancées technologiques participent de la vision de leurs auteurs.

Bien évidemment, aller à l’encontre de conventions largement répandues et intégrées ne se fera pas sans heurts mais si les premiers instants en HFR seront pour le moins déconcertants, une fois que votre œil, et surtout votre cerveau, ce sera habitué, vous pourrez jouir pleinement du spectacle proposé par Jackson et ses équipes.

Cette révolution de l’image s’apparente au passage du muet au parlant puis du noir et blanc à la couleur, c’est dire si elle va rencontrer de farouches opposants (comme à l’époque, rappelons que l’Histoire du cinéma est jalonnée de ces réfractaires à toute amélioration technique allant pourtant dans le sens de l’artiste). A commencer par les cinémas UGC qui réitère l’arrière-gardisme dont ils avaient fait preuve au moment de la sortie d’Avatar, refusant de passer à la 3D sous prétexte que ce n’était qu’un gadget éphémère (ils ont quelque peu changé leur fusil d’épaule à ce sujet). Cette fois-ci, c’est carrément le cinéma numérique qui est, aux yeux de Guy Verracchia, le PDG du groupe, “un marché de dupe”, comme il le dit dans une interview pour Le Figaro : “S’agissant du numérique, je n’ai jamais dit jamais, mais je serai sans doute le dernier à investir dans ce domaine dont la liste des inconvénients me paraît bien supérieure aux supposés avantages. De notre point de vue, pour l’instant, il s’agit d’un marché de dupe qui consiste à faire payer aux exploitants les solutions permettant aux distributeurs de films de faire baisser leurs coûts notamment sur les copies.” Seulement, le numérique ne se résume pas seulement à un coût supplémentaire. Encore une fois, c’est un progrès qui n’altère en rien l’intégrité artistique, bien au contraire. Il devrait s’entretenir avec Walter Murch le monteur de Francis Ford Coppola, un amoureux du montage analogique qui reconnaît les mérites du montage numérique et les avantages que l’on peut en tirer pour la fabrication du produit final (rapidité, possibilités de découpages infinies, etc…).

Vous aurez compris que pour voir Le Hobbit dans la version la plus proche de ce qu’a voulu Peter Jackson, il ne faudra pas en passer par une salle UGC.
D’ailleurs, il ne faudra pas plus compter sur les cinémas de la couronne toulousaine (Cap Cinéma à Montauban, le Méga CGR de Blagnac, etc) puisque seul le Gaumont Wilson proposera le film en 3D HFR. Il n’est bien sûr pas interdit de préférer s’orienter vers la version en 24 images par seconde mais passer outre cette expérience nouvelle serait fortement dommage. Et puis, il est toujours possible de voir le film dans les deux versions, histoire de comparer mais surtout d’en prendre deux fois plus dans les mirettes…

Et avant de vous engouffrer dans une salle obscure pour retourner en Terre du Milieu, le site de cinéma L’ouvreuse.net se propose de vous faire découvrir quelques chemins de traverse

Harnachez Gripoil et bon voyage à tous !

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