Confidences de la talentueuse comédienne Annelise Hesme.

A l’occasion de la diffusion de Meurtre à Toulouse, revenons sur l’une de mes plus belles rencontres culturelles et humaines : celle d’Annelise Hesme.

Engagée, souriante, généreuse, Annelise Hesme est une comédienne aux multiples facettes. De nature optimiste, elle s’engage à 100% dans chaque rôle comme si c’était le dernier. Marguerite, Andrea, Stateira, Valérie, Madeleine, Nina… des rôles de femmes qu’Annelise Hesme a su interpréter avec pureté et simplicité.

Annelise, dans ce « meurtre à Toulouse », quel rôle jouez-vous ?

En fait, je joue la mère de la femme flic, Cécile Gimet jouait par Camille Aguilar qui arrive à Toulouse. Elle est la directrice du musée des Abattoirs. Plus jeune, elle était rock’n’roll. Elle avait son propre groupe de musique. Elle a même eu une fille avec le leader du groupe. Celui-ci est malheureusement mort. Elle a donc élevé sa fille toute seule.
Sa fille Cécile est son opposée. Elle travaille dans la police, elle est rangée…
Malgré leurs différences, elles ont cependant eu des rapports très fusionnels et très beaux.
Là, elle arrive dans la ville rose, pour réaliser sa première enquête sur une série de meurtres de plusieurs hommes.
Alors on va découvrir, que ces meurtres sont liés à son passé, à la mort de son père.

C’est une intrigue policière sous fond de vie privée. C’est ce que me disait Jean-Baptiste Nerac, le producteur, il voulait faire avant tout un meurtre à …., en respectant évidemment les codes de ces productions : le premier rôle pour la ville, le deuxième pour l’équipe de policiers, la famille et l’histoire. Mais il voulait faire avant tout un film d’acteurs. On a vraiment eu une liberté au niveau des acteurs. On a eu, avec Yvan le Bolloc’h, une liberté de jeu que l’on trouve rarement en télévision. C’est-à-dire que Sylvie Ayme, la réalisatrice, nous a dit que l’on pouvait changer le texte, improviser… Ce n’était pas rigide.
On est certes cadré par les codes des « meurtres à », mais dans le jeu, on a pu s’exprimer comme l’on voulait. C’est la première fois que je travaille avec Sylvie et j’ai été vraiment heureuse de ça, d’être libre.

Ce n’est pas la première fois que vous jouez dans un « meurtre à ». Est-ce que les deux histoires se ressemblent ou pas du tout ?

Il y a toujours des codes, une jeune flic arrive ou un supérieur arrive. Paris débarque en province. Ils ne s’aiment pas trop au début et après ils s’entendent bien. Il y a toujours ces éléments-là. Après, l’histoire est riche, des personnages autour, puis l’intrigue se mélange aussi au privé.
Ces deux meurtres sont différents, ils n’ont pas la même histoire. Déjà, il n’y a pas d’histoire d’amour entre les deux policiers à Toulouse. Il y a une énorme différence d’âge entre Lionel Astier qui joue le commandant de police Simon Keller (70 ans) et Camille Aguilar qui joue Cécile Gimet, major de promo dont c’est la première enquête sur le terrain. Le commandant de police a aussi une histoire personnelle qui est développée dans ce meurtre à. Il va le comprendre au fur et à mesure.

Vous avez joué une multitude de rôle aussi bien dans des films que des séries. Est-ce que vous vous reconnaissez un peu dans chacun de vos personnages ?

Oui parce que dans chacun d’eux, il y a une part d’humanité, il y a quelque chose à sauver. Il y a toujours une blessure, la mort d’un proche… Un évènement qui peut transformer une personne comme la machiavélique dans l’escalier de fer.
Je me suis le plus reconnue dans le rôle de la sorcière d’Inquisicio.

Après les rôles de mes débuts au cinéma, c’était plus le fantasme que les hommes projetaient sur moi et non mon désir. Ce n’était pas moi.
Mais il faut bien commencer, ça a été difficile. D’ailleurs, le mouvement « me too » n’est absolument pas encore passé dans le cinéma français.
Ces gens se permettent tout, ce milieu m’a vraiment dégoutté au début. Le pouvoir dans le cinéma est vraiment vertical alors qu’à la télévision s’est plus horizontal. Il y a beaucoup de personnes qui décident. On peut être moins soumise à la pression, aux agressions, aux propositions indécentes que j’ai eues bien trop souvent dans ma carrière.

Effectivement, en France, quelle que soit la profession, il y a toujours ce distinguo entre les hommes et les femmes. Quel est votre avis ?

En France, il y a une chape de plomb sur le droit des femmes. Comment on peut élire comme premier flic de France, un homme suspecté de viol et de trafics d’influence ?Comment on peut le mettre à la tête d’un tel ministère ? Je croyais que [Emmanuel] Macron avait dit, qu’il voulait un gouvernement exemplaire. L’image de la France à l’étranger quand on lit le Courrier International par exemple, on voit qu’on se fait défoncer.

La nouvelle saison de Nina a commencé depuis mercredi. Serait-ce la dernière ?

Oui malheureusement. Sauf s’il y avait une énorme audience mais même ça… J’ai gardé contact avec Hervé, un des pompiers de Villeneuve St Georges, qui est devenu plus qu’un collègue. C’est comme un frère pour moi, il me suit sur les tournages, il me garde Mac Fly [son chien]…
J’ai appris que certaines ailes de l’hôpital où on tournait, avaient été démontées.

Pour vous parler un peu de cette nouvelle saison, on pourra voir, lors du premier épisode, en guest, Frédérique Bel [vue dernièrement dans la série Pour Sarah] et Mélanie Maudran [toujours présente dans Un si grand soleil sur France 2].

Au niveau de l’histoire, Kévin est mort. L’hôpital ferme ses portes faute de budget. Mais Nina est amoureuse de Hugo, avec qui elle va vivre une belle histoire d’amour. Les bonnes nouvelles succèdent aux mauvaises.

Annelise Hesme est une comédienne aux mille facettes. Une femme engagée qui défend corps et âme ses valeurs.
Nous avons hâte de la découvrir dans son rôle pour Meurtre à Toulouse. En attendant, nous retrouverons prochainement Annelise Hesme dans les aventures de Nina. Et nous avons hâte de découvrir cette série historique féministe qu’elle tournera aux côtés de ses deux soeurs. Merci Annelise Hesme d’être une belle personne et d’avoir de belles valeurs.

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