Toulouse sous couvre-feu nocturne : le préfet restreint l’hypercentre après les dégradations du 17 octobre
Après les violentes dégradations du 17 octobre, la préfecture de Haute-Garonne instaure un couvre-feu nocturne dans l’hypercentre toulousain. De 23h59 à 5h du matin, du jeudi 22 au dimanche 25 octobre 2026, la circulation sera interdite dans un périmètre restreint autour du Capitole, de la place Esquirol et de la rue d’Alsace-Lorraine.
Une mesure exceptionnelle face à des violences inédites
La décision est tombée ce mardi 21 octobre. Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, a signé un arrêté instaurant un couvre-feu strictement limité au cœur de nuit et à un périmètre restreint de l’hypercentre toulousain. Cette mesure, qui prend effet dès ce jeudi 22 octobre à 23h59, vise à prévenir de nouvelles violences après les affrontements du samedi 17 octobre. Ce jour-là, à l’occasion d’une mobilisation nationale contre la vie chère, des groupes d’individus ont semé le chaos dans le centre-ville, s’en prenant aux forces de l’ordre, dégradant l’espace public et pillant une dizaine de commerces sur la trentaine endommagées.
Un périmètre ciblé autour des lieux les plus touchés
Le couvre-feu s’applique de 23h59 à 5h du matin, du jeudi 22 octobre au dimanche 25 octobre inclus. Le périmètre concerné forme un triangle délimité par la rue de Rémusat, la place du Capitole, la rue Saint-Rome, la rue des Changes, la place Esquirol et la rue d’Alsace-Lorraine, ces voies étant elles-mêmes incluses dans le dispositif. Cette zone correspond précisément aux secteurs les plus durement touchés par les exactions du 17 octobre, où les commerces ont subi les pires dégradations et où les affrontements avec les forces de l’ordre ont été les plus violents. Le préfet a souligné que cette décision, « adaptée et proportionnée », pourra être réadaptée ou levée en fonction de l’évolution de la situation.
Des dérogations prévues pour les déplacements essentiels
Consciente des contraintes pour les habitants et les professionnels, la préfecture a prévu plusieurs dérogations à l’interdiction de circuler. Sont ainsi autorisés les déplacements pour rejoindre ou quitter son domicile, son lieu de travail ou son hébergement, à condition de pouvoir justifier de sa domiciliation par un document papier ou numérique. Les déplacements pour motif de santé impérieux, notamment pour se procurer des médicaments ou faire face à une urgence médicale ou vétérinaire, sont également permis. Enfin, les agents publics et les personnes en mission de service public ou d’intérêt général, dans les domaines de la sécurité, des secours, de la santé, des transports, de la propreté et des réseaux essentiels, ne sont pas concernés par cette restriction.
Une amende de 750 euros en cas d’infraction
Toute personne surprise en infraction dans le périmètre et aux horaires concernés s’expose à une amende de 750 euros, conformément à l’article R. 644-5-1 du code pénal. Les forces de l’ordre seront mobilisées pour faire respecter cette mesure, dans un contexte où les tentatives de violences similaires ont déjà été déjouées le dimanche 18 octobre, le lendemain des faits. La préfecture appelle à la responsabilité de chacun pour permettre le retour à une vie apaisée dans le centre de Toulouse. Les commerçants, durement éprouvés par les pillages, espèrent que cette mesure contribuera à sécuriser leurs établissements et à rassurer la clientèle pour les prochains jours.
Toulousains, prenez le temps de consulter les modalités de ce couvre-feu et organisez vos déplacements en conséquence : la sécurité de tous passe par le respect de ces mesures temporaires, pensées pour protéger notre ville et permettre à chacun de retrouver sereinement le cœur de Toulouse.

